Naviguer en pleine mer : les jours sans chez la baleine

Naviguer en pleine mer : les jours sans chez la baleine

IMG_9052Depuis le lancement de ce blog, je reste relativement optimiste et positive dans le récit de notre parcours. Cet optimisme est très représentatif de ma personnalité. Pourtant, il y a un point sur lequel je n’ai pas encore insisté : la baleine ne navigue pas qu’en montgolfière et doit aussi faire face aux vagues de la pleine mer, notamment aux vagues d’hormones…

Et là, comme chaque mois aux alentours de J24, je m’en prends une en pleine face. Je devais vous publier un article sur la suite de notre parcours, il attendra plus tard. Aujourd’hui, j’ai besoin de partager mon mal de mer. Chaque période prémenstruelle est marquée chez moi par UNE journée très négative : remise en question du couple, du travail, de notre lieu de vie, vision négative de moi-même….etc. Avec l’approche du protocole (J-1 pour l’attaque du Provames) cette journée a été démultipliée et centrée sur la remise en question de la FIV. Pourtant, cette journée commençait merveilleusement. Mr. m’avait préparé une surprise géniale en m’emmenant en week-end improvisé. On a passé la journée de vendredi à se balader dans les superbes jardin d’un château, et hier au zoo de Beauval. Tout ce que j’aime au programme. Il avait justement préparé ça pour qu’on puisse penser à autre chose que la FIV. Malheureusement se balader m’a amenée à penser et je me suis mise à ressasser.

« Dans 3 jours je commence le Provames. Est-ce-que je veux vraiment le faire ? J’ai peur des douleurs au ventre, peur des piqûres, peur de l’anesthésie générale et là tout de suite peur de l’effet des hormones. Je commence à être négative. Ca sera pire pendant le traitement. Non je ne veux pas le faire. En plus, le traitement tombe en pleine période de tournois de Badminton auxquels de je devais participer. Ça serait mes premiers depuis que je commence à vraiment me faire plaisir en jouant. Je ne pourrai peut-être même pas y participer juste à cause de ça. Ça tombe vraiment mal ! Et si il me quitte et que je me retrouve seule avec un enfant? Je n’aime pas spécialement les enfants. En tout cas ceux des autres. Je veux un enfant car je veux construire ma famille avec lui, partager des moments tous ensemble, le voir grandir ensemble. Je ne veux pas juste d’un enfant toute seule. J’ai peur, je ne veux pas faire la FIV. J’ai l’impression d’être un cobaye, d’offrir mon corps à la science. Je n’aime pas les médicaments. Je me soigne aux huiles essentielles. Je ne veux pas d’un cancer dans 30 ans à cause de ça. Ma belle-mère m’a fait peur il y a une semaine. « Vous devriez peut-être réessayer naturellement maintenant que l’embolisation est faite, parce que les hormones que tu vas t’injecter tu ne connais pas les effets à long terme tu sais. » (Dixit, celle qui a fait une FIV pour avoir son fils il y a 28 ans) Il faut que ça sorte de ma tête. »

Et c’est sortis de ma tête. Car je lui ai parlé. Je suis entière, je ne peux pas faire semblant d’aller bien. Alors oui, ça devait être un beau moment de lâché prise en amoureux et ça sera finalement une longue discussion (dispute) sur l’engagement et les contraintes que la FIV représentait. Je sais que c’est dur pour lui et je ne veux surtout pas le faire culpabiliser de cette situation, comme je l’ai déjà dit on parle bien de « notre » infertilité et non de la sienne. Par contre, l’article de Simone-attend-le-train sur l’implication des futurs papas dans la PMA m’avait beaucoup parlé. Je n’aurai pas pu mieux exprimer ce dont j’ai besoin. Je subierai le traitement mais j’ai besoin que les appels à la PMA, la gestion des dates et heures de traitement, on le partage. Division de la charge mentale par 2. Voilà ce qui faciliterai déjà la période du protocole.

Est venue aussi la question de l’abandon. Au tout début de notre relation j’avais une peur ingérable qu’il me laisse. Au fur et à mesure cette sensation avait disparue et je me laissais portée par notre relation. Depuis que nous avons commencé à essayer d’avoir un enfant, et encore plus depuis que nous avons entamé le parcours de PMA, ce sentiment est revenu mais de façon démultiplié. Je ressens le besoin viscéral de me marier. J’ai besoin qu’il me prouve son engagement de la même manière que je vais lui prouver le mien en portant notre enfant et de surcroît en subissant avant un protocole assez invasif. En fait, j’aimerai qu’on fasse chacun un grand pas vers l’autre pour fonder notre famille. L’approche du cycle de FIV à donc fait remonter en moi cette envie incontrôlable et cette peur de l’abandon. Je vais faire un pas vers lui mais lui n’en a pas encore fait vers moi. Il me dit bien qu’il veut qu’on se marie, un jour, et que en attendant il n’avait pas besoin de ça pour être toujours là pour moi. Il savait que se marier était important pour moi et il l’acceptait par contre il ne pensait pas que ce besoin d’engagement était autant lié au protocole de FIV.

Finalement, on a beaucoup pleuré ce jour-là. On a envisagé de repousser la FIV à janvier pour se laisser du temps. 2h après, la « crise » étant passée on a pu en rediscuter en plaisantant. Je lui ai fait passé un petit « test » pour voir s’il avait saisi les différentes étapes du traitement : quand je devais appeler la PMA, quand j’irai passer les échos et à quoi elles servaient…etc. Et il m’a beaucoup surpris. Malgré le fait de ne pas en parler souvent, il se rappelle de tout et il m’a montré que non, je n’étais pas toute seule à devoir gérer. Alors non, on ne repoussera pas la FIV. On est motivé et en communiquant on y arrivera. On fera chacun des efforts mais on ne se déchirera pas à cause de ça.  Depuis, je dois avouer que mes nuits ne sont pas sereines. J’ai la boule au ventre en me réveillant, je rêve de piqûres, de bébés de façon très etrange. Ca y est, nous nous lançons demain dans le protocole. Mon cœur me dit d’y aller mais mon cerveau y va en reculant.

 Mercredi je me rends à ma deuxième séance de sophrologie. Elle tombe vraiment à pic. La sophrologie me permet de maîtriser mes émotions négatives par la respiration et la méditation. Et là maintenant j’ai justement besoin de respirer et de méditer. 

 

Pour suivre nos aventures au jour le jour, retrouvez-nous sur mon compte Instagram @labaleine.enmontgolfiere

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9 réflexions sur “Naviguer en pleine mer : les jours sans chez la baleine

  1. Bon courage. Je pense qu’il faut que tu fasse la paix avec toi pour faire partir tes peurs. Et surtout que tu fasse confiance à ton homme. A notre grand malheur la majorité des mecs ne s exprime pas mais ca ne veut pas dire qu’ il ne ressente rien. Et je pense sincèrement que te suivre dans cette démarche et un pas. Peut être que ta peur de l abandon prend le pas mais faut être forte pour tous se projet. Courage ma belle. La FIV fait peur mais il faut l affronter. 🍀🍀🍀🍀Et positivité….

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  2. Je me reconnais vraiment dans ce que tu dis. Je ne voulais pas de cette fiv. Je l’ai faite parce que c’est mon passage obligé vers un enfant, et aussi pour montrer à l’amoureux à quel point j’étais forte, qu’il pouvait compter sur moi pour affronter les difficultés de la vie. Et je ne regrette pas, ça a été une épreuve qui nous a encore un peu plus rapprochés. Un moment vraiment centrés sur nous 2.

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  3. Ahlala les doutes… on a tellement d’en avoir des tonnes en PMA ! La peur est légitime : c’est l’inconnu qui t’attend. Et même en étant un peu rodée, j’ai envie d’arrêter tous les 4 matins. Et puis les disputes je crois que c’est un passage un peu obligé ne serait-ce que par la tension que vous subissez tous les 2. La sophro m’a bcp aidé avec la notion de partage de la PMA et de ses effets : un couple c’est 2 individus et par définition 2 sensibilité. Chacun est un peu seul dans son coin et finalement c’est dans ces moments de partages que vous vous retrouvez le plus unis.
    Tu sais, je ne crois pas que le mariage soit un si grand engagement (mais je comprends tout à fait que ce soit le cas pour toi). En revanche quand je te lis je devine un homme qui t’a choisi pour être la mère de ses enfants, une à qui il fait confiance pour supporter le parcours PMA en sachant qu’elle sera là, quoi qu’il arrive.

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  4. Je me reconnais beaucoup aussi dans cette article, j’ai du passer par toutes ces phases là à un moment ou un autre. Pour moi aussi le mariage est devenu très important avec la PMA. Je voulais déjà me marier avant, mais je voyais ça sur le long terme, ce n’était pas grave si on se mariant dans 5/10 ans, je trouvais le fait d’avoir un enfant tellement plus fort. On pensait depuis toujours d’abord fonder une famille puis se marier. Mais avec la PMA c’est devenu nécessaire, pour avoir l’impression d’avoir le contrôle au moins sur une chose pour l’avenir de notre couple (même si un temps l’home a totalement refusé de se marier en étant en PMA pour ne pas m’entraver, pour ne pas me forcer à rester avec lui même s’il « n’arrivait pas à me faire d’enfants »). On a eu de longues discussions, et au bout d’un moment l’idée à fait son chemin de son côté, et maintenant il partage ma vision et mes raisons qui font que c’est important pour nous de nous marier maintenant et pas dans plusieurs années.
    Tout ça pour dire que la meilleure solution, c’est la discussion à cœur ouvert!

    Courage pour ces moments compliqués, j’espère que vos discussions vous ont bien aidé

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